Deborah Flint est présidente-directrice générale de Toronto Pearson. Cet article d'opinion a initialement été publié dans le Toronto Star.
Deux fois par jour, les amateurs d'aviation se rassemblent pour voir un A380 atterrir à Pearson.
Il s'agit du plus grand avion de ligne au monde, un phénomène à deux étages qu'Emirates et Etihad exploitent vers Pearson depuis leurs hubs au Moyen-Orient.
Plus qu'une expérience passionnante pour les passagers, le service quotidien à double fréquence de l'A380 souligne le statut de Toronto en tant que plaque tournante mondiale du transport aérien et destination clé pour les compagnies aériennes internationales. Il s'agit d'un avion emblématique que les compagnies aériennes utilisent pour desservir des villes phares telles que Londres, Paris et Singapour.
Les compagnies aériennes ont demandé davantage de vols en A380, mais Pearson n'est pas en mesure de répondre à cette demande pour le moment. La croissance du nombre d'avions gros-porteurs atteint les limites de nos installations actuelles. Nous accueillons près de 50 millions de passagers par an et augmentons notre capacité grâce à des mesures telles que le transport des passagers en bus vers les avions lorsque les portes d'embarquement sont pleines.
Mais ces stratégies ont leurs limites. Même si conduire sur la rampe peut être amusant, qui préfère vraiment être transporté en bus jusqu'à son avion ? Nous devons construire de nouvelles installations.
Nos deux principaux terminaux ont respectivement 20 et 30 ans, et leur âge commence à se faire sentir.
Nos files d'attente aux contrôles de sécurité avancent désormais rapidement, mais les espaces sont trop petits pour accueillir notre volume de passagers. Les salons et les halls sont bondés. Conçues il y a plusieurs décennies, nos installations n'ont pas été pensées pour offrir des correspondances fluides. Les voyageurs internationaux doivent donc toujours récupérer leurs bagages et les réenregistrer entre deux vols.
Et nos 30 kilomètres de voies de bagages vieillissantes exigent chaque jour de nos équipes de maintenance qu'elles fassent preuve d'une ingéniosité digne de MacGyver.
Ce sont des nuisances pour les voyageurs, et elles constituent une menace pour l'économie.
Pearson est le meilleur aéroport d'Amérique du Nord pour les vols internationaux, avec des liaisons vers 70 % des économies mondiales. Compte tenu de la taille de la population canadienne, il s'agit là d'une performance exceptionnelle qui permet aux passagers de voyager sans escale vers 200 destinations.
Mais comme les Canadiens l'ont appris avec les changements dans le commerce mondial, nous ne pouvons pas tenir ce statut pour acquis. Si nous ne pouvons pas répondre aux attentes des compagnies aériennes, elles transféreront leurs avions et leurs liaisons vers d'autres hubs qui le peuvent. Les trajets deviendront plus longs et plus compliqués, ce qui est exactement le contraire de ce que souhaitent les voyageurs.
Le premier ministre Mark Carney a clairement indiqué dans le dernier budget que le Canada devait diversifier ses routes commerciales et ses chaînes d'approvisionnement.
Pearson facilite les déplacements vers et depuis le Canada avec aisance et efficacité, ce qui s'étend à 45 % du fret aérien canadien qui transite par cet aéroport. La zone industrielle autour de l'aéroport génère un demi-million d'emplois et 70 milliards de dollars par an en PIB, soit 7 % du total de l'Ontario. C'est le genre d'atout économique qu'il faut protéger et dans lequel il faut investir pour garantir que les exportations canadiennes puissent circuler rapidement dans le monde entier.
Il existe une demande de croissance. Selon nos prévisions, Pearson accueillera 65 millions de passagers par an au début des années 2030. Pour répondre à la demande, nous allons agrandir et rénover nos terminaux et créer un aéroport à la pointe de la technologie numérique qui sera plus efficace pour les compagnies aériennes et les passagers. Cela fait partie du plan que nous appelons Pearson LIFT.
LIFT a été officiellement approuvé par les compagnies aériennes opérant à Pearson. Leur approbation a été un vote de confiance dans la croissance de Pearson et dans notre capacité à mettre en œuvre le programme dans le respect des contraintes budgétaires.
C'est pourquoi nous utilisons une approche moderne pour les grands projets d'infrastructure appelée « conception-construction progressive », également connue sous le nom de modèle collaboratif. Nous élaborons les conceptions avec nos entrepreneurs et fixons le coût final et la portée du projet lors des dernières étapes, grâce à une planification plus développée et collaborative.
À une date ultérieure, nous serons en mesure de partager beaucoup plus d'informations sur le projet. Nous sommes impatients d'en arriver là et de dévoiler les installations dont les passagers pourront profiter.
Notre approche garantit que nous construisons de nouvelles infrastructures à un coût abordable.
LIFT nous permettra de continuer à attirer de nouvelles compagnies aériennes et de nouvelles liaisons.
Cela offrira davantage de choix aux Canadiens et favorisera la concurrence entre les transporteurs, ce qui sera bénéfique pour le portefeuille des passagers.