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Les redevances aéroportuaires à Toronto Pearson : ce qu'il faut savoir

Les taxes d'aéroport ne représentent qu'une petite partie du prix des billets

Les redevances aéroportuaires sont souvent citées comme l'une des raisons expliquant le coût des voyages en avion au Canada. La réalité est plus complexe. Cette page explique le fonctionnement des redevances aéroportuaires, pourquoi elles sont essentielles au financement de l'aéroport Pearson de Toronto et pourquoi il peut être trompeur de considérer une redevance isolément.

Chiffres clés

  • L'aéroport de Toronto Pearson fonctionne selon le modèle canadien de financement basé sur le principe « l'utilisateur-payeur ». Il est financé en grande partie par les usagers de l'aéroport plutôt que par les contribuables (comme c'est le cas dans des pays tels que les États-Unis).
  • L'aéroport de Toronto Pearson est géré par une autorité aéroportuaire à but non lucratif et réinvestit ses recettes dans l'exploitation de l'aéroport, ses infrastructures et ses aménagements à long terme.
  • À l'instar d'autres aéroports canadiens, Toronto Pearson dispose de trois sources principales de recettes :
    • Redevances aéronautiques – Perçues auprès des compagnies aériennes pour l'utilisation des infrastructures et des services aéroportuaires.
    • Redevances d'amélioration des aéroports – Contribuez au financement de projets d'infrastructure visant à entretenir et à améliorer les installations aéroportuaires.
    • Recettes commerciales – Elles comprennent les ventes au détail, les frais de stationnement et les loyers. On les appelle également « recettes non aéronautiques » (NAR).
  • Les redevances aéronautiques de l'aéroport de Toronto Pearson sont compétitives par rapport au reste du secteur. Elles sont restées stables ou ont diminué entre 2007 et 2020. En février 2025, elles ne représentaient plus que 94 % de leur niveau de 2007, malgré des années d'inflation et de hausse des coûts.
  • Les redevances aéroportuaires ne représentent qu'une infime partie du prix des billets et ne constituent pas un facteur majeur de la hausse des tarifs, qui est principalement due à des facteurs tels que l'augmentation du coût du carburant, les modèles de tarification algorithmiques et les frais annexes pratiqués par les compagnies aériennes. Selon une étude du Conseil des aéroports du Canada, les redevances aéronautiques et les redevances d'amélioration des aéroports ne représentent ensemble que 12 % du prix moyen d'un billet d'avion au Canada.
  • Le secteur aérien utilise couramment le coût par embarquement pour comparer les coûts aéroportuaires entre différentes juridictions. À Toronto Pearson, le coût par embarquement a baissé ces dernières années, passant de 32,16 dollars en 2022 à 29,50 dollars en 2025. Cette évolution reflète une efficacité accrue et une augmentation du nombre de passagers.

Le modèle canadien de financement des aéroports

Les grands aéroports canadiens fonctionnent selon un modèle de « l’utilisateur-payeur ». Cela signifie que les particuliers et les entreprises qui utilisent l’aéroport contribuent à financer son exploitation, son entretien et son développement futur. Les contribuables ne financent ni l’entretien quotidien ni les investissements majeurs dans les infrastructures de l’aéroport de Toronto Pearson. En réalité, l’aéroport de Toronto Pearson contribue aux finances publiques en versant un loyer foncier au gouvernement canadien. En 2025, il a versé 235,4 millions de dollars au Trésor fédéral.

En tant qu'autorité aéroportuaire à but non lucratif, Toronto Pearson finance ses activités et ses investissements dans les infrastructures grâce à une combinaison des sources suivantes :

  • Les redevances d'amélioration des aéroports, qui sont payées par les passagers et perçues par les compagnies aériennes
  • Les redevances aéronautiques, qui sont versées par les compagnies aériennes
  • Recettes commerciales provenant d'activités telles que le commerce de détail, les redevances de stationnement et les loyers
  • Financement par emprunt des grands programmes d'investissement

Les recettes générées par l'aéroport sont réinvesties dans l'amélioration de son fonctionnement et dans la préparation de sa croissance future.

Que sont les redevances aéroportuaires ?

Les redevances aéroportuaires se répartissent en deux catégories :

  • Redevances aéronautiques – Ces redevances sont facturées aux compagnies aériennes pour l'utilisation des infrastructures et des services aéroportuaires. Elles contribuent à couvrir les coûts d'exploitation des pistes, des terminaux, des infrastructures aéroportuaires et des systèmes aéroportuaires.
  • Redevance d'amélioration aéroportuaire – Ces redevances contribuent au financement de projets d'infrastructure visant à entretenir et à améliorer les installations aéroportuaires. À l'aéroport Pearson de Toronto, les recettes issues de la redevance d'amélioration aéroportuaire soutiennent des projets qui permettent à l'aéroport de répondre à la demande croissante en matière de transport aérien et de garantir la sécurité et l'efficacité de ses opérations.

L'aéroport de Toronto Pearson consulte régulièrement ses compagnies aériennes partenaires et d'autres parties prenantes au sujet de son cadre de fixation des tarifs et des projets d'investissements d'immobilisations. Nous fixons des tarifs qui répondent aux besoins à long terme de l'aéroport tout en maintenant les coûts au niveau le plus bas possible.

Qu'est-ce qui ne relève pas des redevances aéroportuaires ?

Plusieurs frais figurant sur un billet d'avion sont facturés par les compagnies aériennes ou d'autres organismes qui contribuent à faciliter le voyage des passagers. Ces frais sont parfois confondus à tort avec les redevances aéroportuaires, mais les recettes qu'ils génèrent ne reviennent pas aux aéroports. Ces frais comprennent :

  • Taxes gouvernementales
  • Suppléments carburant des compagnies aériennes
  • Frais de bagages des compagnies aériennes
  • Frais de modification des réservations des compagnies aériennes
  • Redevances de contrôle aérien Frais de sécurité

Qu'est-ce que le coût par embarquement ?

Le coût par embarquement est l'indicateur privilégié par le secteur aérien pour mesurer les coûts aéroportuaires ; il permet d'établir des comparaisons entre des pays dont les modes de financement diffèrent. Il représente le coût moyen lié à l'aéroport pour chaque passager au départ. Les compagnies aériennes, les aéroports et les analystes du secteur s'en servent pour comparer les aéroports, car il ne se limite pas à une seule redevance ou taxe. Dans certains pays, notamment aux États-Unis, les aéroports bénéficient d'un financement public et dépendent moins des redevances. Par conséquent, se contenter de comparer les redevances aéroportuaires donne une image trompeuse de la situation.

À l'aéroport Pearson de Toronto, le coût par embarquement a baissé ces dernières années, ce qui reflète une efficacité accrue et une augmentation du nombre de passagers.

  • Coût par embarquement à Toronto Pearson :
    • 32,16 $ en 2022
    • 29,50 $ en 2025

Idées reçues courantes

Idée reçue : l’aéroport de Toronto Pearson est un aéroport coûteux

Cette affirmation découle souvent du fait que l’on se concentre sur une redevance unique plutôt que sur le coût total d’exploitation d’un aéroport.

Si l’on utilise la norme de référence du secteur – le coût par embarquement – pour comparer les coûts des aéroports, Toronto Pearson se situe dans la moyenne d’un groupe de grands aéroports nord-américains fréquemment utilisés à des fins de comparaison. En 2022, notre coût par embarquement s’élevait à 32,16 dollars, ce qui était comparable à celui de Montréal (30,27 dollars), de Los Angeles LAX (34,08 dollars) et de Chicago O’Hare (35,62 dollars).

Idée reçue : les redevances aéroportuaires sont à l'origine de la hausse des tarifs aériens

Les redevances aéroportuaires ne représentent qu'une petite partie du prix d'un billet d'avion. Selon une étude du Conseil des aéroports du Canada, les redevances aéronautiques et les redevances d'amélioration des aéroports représentent environ 12 % du prix moyen d'un billet d'avion au Canada. Environ 88 % du prix du billet provient d'autres facteurs, notamment les tarifs des compagnies aériennes, les frais de sécurité, les suppléments des compagnies aériennes, les frais annexes et les taxes.

Dans l'ensemble, les tarifs aériens sont influencés par de nombreux facteurs, notamment les prix du carburant, les coûts de main-d'œuvre, les pressions sur la chaîne d'approvisionnement, la disponibilité des avions, la demande du marché et les décisions tarifaires des compagnies aériennes.

Idée reçue : les redevances de l’aéroport de Toronto Pearson ont augmenté plus rapidement que l’inflation

Les redevances aéronautiques de l’aéroport de Toronto Pearson sont restées stables ou ont été réduites entre 2007 et 2020. Début 2025, elles s’élevaient encore à environ 94 % de leur niveau de 2007, malgré 18 années d’inflation et la hausse des coûts d’exploitation. Indexées sur l’inflation, ces redevances ont été inférieures d’environ 55 % à la croissance de l’indice des prix à la consommation sur la même période.

Les récentes hausses de redevances ont été mises en place pour contribuer à l’entretien des infrastructures aéroportuaires et financer les investissements nécessaires pour répondre à la demande croissante des passagers et assurer la capacité future.

Idée reçue : les redevances d’amélioration aéroportuaire sont exceptionnellement élevées à Toronto Pearson

Les redevances d’amélioration aéroportuaire reflètent le modèle de financement des aéroports canadiens. Contrairement à de nombreux aéroports américains qui bénéficient d’un financement public substantiel pour leurs infrastructures, les aéroports canadiens financent en grande partie leurs propres investissements d’immobilisations. En effet, les aéroports canadiens contribuent aux recettes publiques en versant un loyer foncier au Trésor, plutôt que de bénéficier de subventions publiques récurrentes pour leurs infrastructures. Par conséquent, les redevances d’amélioration aéroportuaire jouent un rôle important et délibéré dans le financement des projets d’extension et de modernisation des aéroports.

Pourquoi les investissements dans les aéroports sont-ils importants ?

Toronto Pearson est l'aéroport de passagers le plus fréquenté du Canada et l'un des aéroports d'Amérique du Nord les mieux reliés au reste du monde. Pour conserver et renforcer ce rôle, il est nécessaire d'investir en permanence dans les infrastructures, les technologies et l'exploitation aéroportuaire.

Les redevances aéroportuaires contribuent à financer :

  • Modernisation des terminaux
  • Infrastructures des pistes et de l'aérodrome
  • Systèmes de sûreté et de sécurité
  • Technologies de gestion des passagers
  • Amélioration de l'accessibilité
  • Capacité future nécessaire pour faire face à la croissance du nombre de passagers

Dans le cadre du programme Pearson LIFT, l'aéroport de Toronto Pearson prévoit que le nombre de passagers atteindra environ 65 millions par an au cours de la prochaine décennie. Ces investissements visent à améliorer l'efficacité, à favoriser la concurrence, à accroître la capacité d'accueil et à renforcer les liaisons entre le Canada et le reste du monde.

Foire aux questions

L'aéroport de Toronto Pearson bénéficie-t-il d'un financement public pour ses projets d'infrastructure ?

L'aéroport de Toronto Pearson fonctionne selon un modèle de « l'utilisateur-payeur ». Son exploitation est financée par les redevances perçues auprès des usagers de l'aéroport et des compagnies aériennes, ainsi que par ses recettes commerciales. Les contribuables ne prennent pas en charge les coûts d'exploitation de l'aéroport de Toronto Pearson.

Pourquoi l’aéroport Pearson de Toronto prélève-t-il une redevance d’amélioration aéroportuaire ?

La redevance d’amélioration aéroportuaire contribue à financer la construction, la rénovation et la modernisation des infrastructures aéroportuaires qui facilitent les déplacements des passagers et les opérations aéroportuaires.

Comment comparer les coûts aéroportuaires ?

Les experts du secteur utilisent généralement le coût par embarquement, car il reflète les coûts globaux de l’aéroport et permet une comparaison plus pertinente que l’examen d’une redevance isolée, en particulier lorsqu’on compare des aéroports situés dans différents pays.

Les redevances aéroportuaires constituent-elles le principal facteur influant sur le prix des billets d’avion ?

Non. Une étude menée par le Conseil des aéroports du Canada indique que les redevances aéronautiques et les redevances d’amélioration aéroportuaire représentent environ 12 % du prix moyen d’un billet d’avion au Canada. La majeure partie du prix du billet provient d’autres éléments.

L'aéroport Pearson de Toronto est-il compétitif par rapport aux autres grands aéroports ?

Si l'on se base sur le coût par embarquement, l'aéroport Pearson de Toronto soutient favorablement la comparaison avec de nombreux grands aéroports pivots d'Amérique du Nord et se situe dans la fourchette moyenne des aéroports comparables utilisés dans les analyses sectorielles.

La privatisation des aéroports canadiens entraînerait-elle une baisse des redevances ?

Pas nécessairement. Des études montrent que la privatisation totale dans des pays comme l'Australie et la Grande-Bretagne n'a pas conduit à une exploitation plus efficace ni à une baisse des redevances. Londres-Heathrow, une plaque tournante internationale souvent comparée à Toronto Pearson, a été entièrement privatisée dans les années 1980. Sa redevance d’amélioration aéroportuaire est supérieure d’environ 15 dollars à celle de Toronto Pearson. Une étude réalisée en 2023 par le Bureau national de recherche économique des États-Unis a révélé que lorsque des fonds de capital-investissement rachètent des aéroports, ils développent rapidement les infrastructures des terminaux afin d’augmenter le volume de passagers, puis augmentent les redevances pour rentabiliser leur investissement.